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Nadear – MENSUEL DE LA AMR GENÉVE

Nadear

Julio Azcano est un guitariste argentin résidant depuis 2004 en Suisse, à Lucerne. Il a étudié et enseigné dans son pays d’origine – qui possède une longue et riche tradition de la guitare classique, poursuivi ses études en Suisse et divers autres pays européens et approfondi sa formation auprès, entre autres, de Kurt Rosenwinkel. Azcano se sert d’une connaissance très poussée des possibilités et des impossibilités de la guitare acoustique pour susciter des climats très variés. «Orbits on a Theme by Kurt Rosenwinkel » (Kurt Rosenwinkel, arr. J. Azcano) se situe quelque part entre musique de l’Inde – notamment dans certaines parties du thème où le rythme est chanté par le percussionniste, du monde hispanique – cela pourrait être du cubano-flamenco – mais tout autant du Brésil, du jazz, tandis que «Züricheñas» (Julio Azcano), jouée en trio, est une danse folklorique d’Argentine retravaillée et universalisée à travers une belle diversité de voies, la moindre desquelles n’est pas la jazzification (le nom «Züricheñas» appelle une remarque: en espagnol, l’adjectif qui correspond à «zurichois» est «zuriqués»; «Züricheñas»(Zurichoises) est une trouvaille d’Azcano pour rendre le mot plus folklorique et campagnard). Dans «Quintenaissance » (Art Lande, à retenir le savant jeu de mots du titre) – une belle et nostalgique mélodie d’Art Lande offerte entièrement à la flûte – une fois encore la musique est portée et déportée sur plusieurs niveaux: la guitare lui confère une saveur hispanique, tandis que la flûte lui accorde une saveur à la fois de jazz et de musique classique française du premier tiers du XXe siècle. Le percussionniste est parfait de retenue et de discrétion dans ce morceau. Voulez vous un récital de guitare acoustique en miniature? Ecoutez la superbe version en solo de guitare de «My Funny Valentine» (Rodgers/Hart). Etes-vous prêts pour une chanson lyrique qui aurait un petit air de folklore campagnard latino-américain? Alors «December » (Günter Wehinger) en duo de guitare et flûte est là qui vous attend. Où que vous soyiez, vous pourriez être d’accord avec moi que «Donde quiera que estés» (Quique Sinesi), traduisible par «Où que tu puisses être», est une belle manière d’arrondir une fin de disque avec un thème en trio qui va du néo-flamenco au jazz, en passant par d’autres lieux musicaux, et où le percussionniste est subtilement en retrait mais présent, ô combien. Nadear est le titre du CD qui nous occupe et qu’on pourrait traduire par «néantiser», mais rien n’est moins néantisant que la musique dont il est porteur.